20/08
2012

Les assurances affinitaires s’organisent 

Publié par Argus de l’assurance, le 20 août 2012. Ecrit par Catherine Dufrêne

Une Fédération flambant neuve, bientôt une commission à la FFSA… Les assurances affinitaires ont décidé de sortir de l’ombre et de jouer la carte de la transparence. Une initiative portée par le directeur général du cabinet de courtage captif de France Telecom-Orange, Patrick Raffort.

A l’heure où la transparence est le maître mot des autorités publiques, au niveau européen comme français, l’assurance affinitaire a décidé de précéder toute velléité de contrôle extérieur en tentant de s’autoréguler. C’est en tout cas l’un des objectifs de la Fédération « FG2A », portée sur les fonts baptismaux en avril dernier mais dont l’existence vient d’être révélée par Les Echos. Le temps pour son instigateur, Patrick Raffort, directeur général de Telincom Courtage et président de la FG2A, de rencontrer en toute discrétion toutes les parties susceptibles d’être intéressées par son initiative : l’Orias, l’ACP, mais aussi la Fédération française des sociétés d’assurance (FFSA), dont certains assureurs (Axa, Generali) attendaient de connaître la position pour décider d’intégrer, ou non, la Fédération des assurances affinitaires. Les voilà rassurés, puisque non seulement la FFSA a avalisé le nouvel organisme professionnel, mais a même décidé de créer, en son sein, une commission pour les assurances affinitaires, dont la première réunion aura lieu en septembre.

Une décision qui conforte Patrick Raffort dans ses convictions. A ses yeux, il est plus que temps que le monde des assurances affinitaires, « sorte, aujourd’hui, d’une nébuleuse où tout le monde fait ses affaires dans son coin, avec un volume de clients mécontents parfois délirant sur certains contrats », en définissant et respectant un cadre éthique quant à ses pratiques. Très conscient de l’image altérée de ce type d’assurances suite à plusieurs affaires ces dernières années, il entend créer, courant 2013, avec les associations de consommateurs, un label qui prendra en compte, notamment, les taux de réclamations des clients, et leur perception du service rendu. FG2A va d’ailleurs lancer à la fin du mois un sondage sur ces questions. Son président ne se fait guère d’illusion sur les résultats, qui risquent fort de confirmer la méconnaissance et le désamour des Français pour ces assurances. « L’objectif est de savoir d’où on part, afin d’en tirer les axes d’amélioration. Nous sommes d’ailleurs en train de rédiger une charte de bonne conduite, que les adhérents de la Fédération s’engageront à respecter. Ce qui un peu complexe, car FG2A fédère la filière de manière transverse, et non verticale, en réunissant tous les acteurs de la chaîne de valeur : du concepteur, à l’assisteur, en passant par les courtiers, les distributeurs… », explique Patrick Raffort. Parmi les acteurs déjà adhérents, figurent ainsi aussi bien Chubb, Allianz ou Ace que Boulanger, Décathlon ou encore des courtiers tels SPB ou Aon. Une quinzaine de courtiers seraient en attente d’adhésion, et Cofidis devrait bientôt rejoindre FG2A.

Au-delà du label et de la charte de bonne conduite, la Fédération pousse ses ambitions jusqu’à vouloir délivrer des formations, afin que chaque vendeur soit compétent et responsabilisé dans son acte de vente de ces produits. La démarche se veut certes éthique, mais aussi opportuniste : l’un des objectifs est en effet d’élargir la masse assurable. Ce qui passe aussi par une réduction des tarifs de certaines garanties (sur certains produits high tech, la prime d’assurance peut représenter jusqu’à 30% du prix du produit), et par l’innovation, par exemple en admettant une base de faits générateurs plus large ; autant de réflexions qui seront menées au sein de la Fédération. « L’assurance peut être un outil différenciant et fidélisant pour le consommateur. Aujourd’hui, une bonne assurance est par exemple devenue primordiale pour les téléphones portables, ce qui n’était pas forcément le cas il y a dix ans. Désormais, les clients ont notamment un nombre incalculable de données personnelles dans leurs téléphones : contacts, photos, etc. Or, seuls 40% d’entre eux environ pensent à faire des sauvegardes régulièrement. Résultat : quand l’appareil est cassé, bon nombre de clients découvrent qu’ils ont tout perdu. Une garantie pourrait prendre en charge ce type de sinistres. Il y a une vraie attente des consommateurs ; à nous d’être imaginatifs ! », conclut Patrick Raffort.

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